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• Boules et guirlandes sur fond de cocotiers…

{ 13:00, 9.01.2008 } { Publié dans CARNET DE ROUTE } { 2 commentaires } { Lien }

…plantés là un peu aléatoirement entre les habitations de style portugais, les églises, le bitume, les vaches et la plage. C’est sur l’île de Diu, à l’abri de la fureur des fêtes de fin d’année, que nous avons décidé de passer quelques temps histoire de faire couler les deux semaines qui occupent l’esprit de chaque étranger et chrétien indien que nous rencontrons. Les cloches sonnent, les anges s’animent et suivent le chemin des étoiles, Noël arrive à grands pas suivi de très près par le nouvel an. Les prix des hôtels accompagnent aussi cette ascension.



L’île de Diu -> Bombay

Un passage fugace dans la ville de Jamnagar, une cité polluée, bruyante, sans plus d’intérêts que son université Ayurvédic, nous amène à prendre la route vers Diu, petite île au sud du Gujarat, aux antipodes de l’enfer urbain. Nous arrivons sur Diu, après un des plus rudes voyages en bus que nous ayons fait en Inde, 7h pour 180 km (voir la brève « Du goudron et du mouron à venir»). Et nous le savions déjà, le calme est là, à l’ampleur de ce que nous nous attendions à trouver. Après les reportages dans le Gujarat, les villages du désert et la cité folle de Jamnagar, notre santé morale en avait prit un coup. Car, il ne faut pas le cacher, la plupart des villes indiennes sont peu propices à une vie humaine épanouie. Tout y est confus, un peu délabré, la place à la végétation n’est pas exemplaire et l’anarchie qui traîne dans l’architecture, un vrai casse tête pour les urbanistes du monde entier. En bref, épuisant.

 



De l’île de Diu ne vous imaginez pas une île déserte entre lagons et récifs de coraux. Non... Ici nous sommes sur un ancien comptoir portugais et nous le voyons très clairement. Les habitations partout autour de nous le signalent de par leur nom sur la façade (O’couqueiro) ou leur architecture, le fort de la ville, grande bâtisse imposante en est aussi un bel exemple. Il nous suffit de nous écarter un temps soit peu de la place animée de Diu city pour nous retrouver dans un dédale de ruelles tranquilles et propres. En poussant un peu plus loin nous gagnons une plage de sable épais, bordées d’arbre. A nous les coquillages ! Puis à quelques kilomètres de là, tout au bout de l’île, de l’autre côté, nous tombons sur un village de pêcheur où les femmes et les hommes réparent les filets, où les bateaux sont faits à la main et où les poissons sèchent sur les fils à linge. Les indiens sont contents de nous voir ici et nous saluent tout au long du trajet de grand « Hello », « What’s your name ? »…



Malgré l’augmentation subite des prix des hôtels et des guest-house, les touristes affluent
, bien que la région soit excentrée de toute activité touristique festive comme à Goa. Les boules de noël, les guirlandes et la neige factice en coton sont accrochés aux arbres locaux dans les jardins ; Les guirlandes électriques sont quant à elles accrochées sur les façades des maisons.


L’île prend des allures de fête sans la neige, le froid et les sapins que nous connaissons. Noël sous les cocotiers ! Sur le toit de notre guest-house/église pour le nouvel an, nous faisons face à une multitude d’indiens nous regardant comme des bêtes curieuses (c’est vrai qu’ici nous sommes exotiques…). Certains nous dévisagent, d’autres leur interdisent l’accès à la fête. Nous restons plantés là sans trop savoir que faire, remontant dans notre mémoire les horreurs européennes des années 1900 : les zoos humains.



Bombay -> Aurangabad


Il est temps pour nous de reprendre la route direction Bombay après avoir passé presque deux semaines sur l’île de Diu, fin reposés. Après 24 heures de bus, nous nous retrouvons dans la fureur de la ville de Bombay, pôle économique majeur de l’Inde. Ici, le bitume est roi, les bâtiments Anglais, la fameuse porte « Gate away of India » en est son archétype. Le chaos auquel nous nous attendions n’est pas au rendez-vous et nous nous retrouvons dans une ville animée de travailleurs fraîchement sortis du train avec leur attaché case, d’étudiants parlant Anglais couramment entre eux, de grandes enseignes de magasin internationaux et de personnes vivant sous de petites toiles de tente ou de bâches tendues. Les vaches quant à elles ont disparues pour laisser place aux voitures taxis des années 50, orchestrées par un ballet de feux de signalisation. Ici il y a peu de voiture individuelle et les indiens se déplacent en taxis pour 50 roupies, fort heureusement vu que la place sur les routes manque cruellement. Après un grand tour dans la ville, quelques photos et rencontres, nous décidons de prendre la route un peu plus au Nord direction Aurangabad , ville proche des caves Bouddhistes, Hindouistes et Jaïnistes d’Ellora et d’Ajanta.



Ce coup-ci c’est un train couchette qui nous conduira vers Aurangabad. Au petit matin, après notre escapade nocturne en train, nous prenons la route en bus d’état (voir la brève « Du goudron et du mouron» ), direction Ellora et plus exactement les caves datant du VIIe siècle au XIe après JC. Celles-ci sont des temples, des monastères ou encore des chapelles creusées à même la montagne, dans la roche à l’aide de pioches et de marteaux. L’une d’elles, le temple Kailasha, à la superficie de l’acropole d’Athènes. Les sculptures qui les composent montrent l’influence des éléments tantrique des trois grandes religions indienne. Leur coexistence sur ce site est un exemple de la grande tolérance de l’époque à ce sujet. Ajanta et les caves bouddhistes, classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco , nous accueillent le lendemain. Perdues dans le creux des gorges de la rivière Whagore, au beau milieu de nulle part, ces caves ont eu la chance d’être bien plus préservées que celles d’Ellora. En effet un chasseur Anglais les a découvertes en 1819 et par conséquent on peut encore y admirer des peintures datant du IIe siècle avant JC au VIe siècle après JC, représentant des scènes de la vie quotidienne de Bouddha. Bouddha que l’on retrouve, dans la dernière des merveilleuses caves de la visite, couché en préparation du Nirvana. Hypnotique.



Mais les jours avancent et faute de temps, nous devons nous diriger un peu plus rapidement que prévu vers le kerala . En chemin, nous ferons une pause à Goa, afin de rencontrer les acteurs de la « Goa Foundation » qui œuvrent pour la préservation de l’environnement Goanais… Et il y a à faire.

Les photos :
Diu
Bombay -> Aurangabad




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Magnifique

{ 20:45, 9.01.2008 } { Publié par Moe }
Ces caves sont magnifiques et remplies de mystère, magiques!!
Une pensée particulière pour Sarah dans ces moments difficiles que sont ceux, de perdre un être cher!!!!!
Bonne route et portez vous bien!!!!

je pédale pour vous

{ 15:49, 16.01.2008 } { Publié par Ener }
Bonjour,
je suis vraiment en retard pour vous suivre depuis le mois de décembre, je vais me rattraper, dorénavent, je consulterai plus régulièrement le blog.
Vos infos sont toujours aussi intéressantes, c'est donc un vrai plaisir que de vous lire.
Cordialement
Ener

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