|
Adam y serait descendu directement du ciel, laissant son empreinte de pied sur le plus haut sommet de l’île. Il a dû emporter un petit bout d’Eden avec lui, tellement le Sri Lanka ressemble à un vaste jardin luxuriant peuplé de gens souriants, garni de fleurs et de fruits plus extravagants les uns que les autres. Depuis quelques jours, nous évoluons avec ravissement dans une verdure omniprésente, paradis de biodiversité…
Gokarna ->Cochin

De la plage de Om à Gokarna, il nous faudra 24 heures, une barque, deux bus et un train pour rejoindre Cochin à 600 km de là, dans l’état du Kerala. Le lendemain nous partons pour Colombo, la capitale du Sri Lanka, afin d’y faire renouveler nos visas indiens. Mais pas seulement ! Les images de l’île évoquées par les voyageurs que nous avons rencontré sont si enthousiasmantes, que nous nous sommes décidés finalement à y séjourner un mois.
Colombo -> Kandy
Nous sommes le week-end et Colombo ressemble à une ville sous couvre-feu. Les rideaux sont baissés, les rues désertées… Toutefois les soldats armés derrière leurs sacs de sable nous lancent des sourires de bienvenue. Leur crainte la plus grande vient des attentats suicides perpétrés par les séparatistes Tamouls du Nord du pays : Les Tigres de Libération de L’Eelam Tamoul (LTTE). Assassinats politiques, tortures, enrôlement forcé d’enfants soldats, rétablissement de la peine de mort, le Sri Lanka est en pleine crise politique.
En attendant le jour d’ouverture de l’ambassade indienne, nous restons la plus grande partie de la journée dans notre chambre, écrasés par la chaleur et l’humidité, dévorés par les moustiques… Enfin, après 2 heures de paperasserie, nous sommes libres de partir pour un climat plus propice. Direction Kandy et les montagnes du centre de l’île.

Dès les premiers kilomètres, la végétation devient folle et manque parfois d’envahir le train. Jetez une graine dans ce paysage, tassez un peu avec le pied et vous obtiendrez pour sûr et avec peu d’efforts de magnifiques spécimens géants ! Assis sur le marche-pied du train, nous regardons défiler les forêts d’Eucalyptus. Chaque gare de campagne croule sous les fleurs… Nous goûtons ici une paix que nous n’avons pas ressentie depuis longtemps : les nombreux vendeurs ambulants (cacahouètes pimentées, ananas en tranches, croquettes de céréales) passent dans les wagons sans nous accorder plus d’attention qu’aux autres passagers ; leurs tarifs sont aussi les mêmes pour tout le monde… Enfin un peu d’anonymat ! Les passagers nous sourient discrètement, nous montrent les paysages par la fenêtre. Une gentillesse désintéressée qui nous réconcilie avec le sous-continent indien.

Kandy est une ville de pèlerinage pour les bouddhistes du monde entier. Sur les rives du lac artificiel où autrefois se baignaient les concubines du roi Sri Wickrama Rajasinha, se dresse le temple qui héberge la dent sacrée de Bouddha (l’éveillé), récupérée lors de la crémation de celui-ci en 543 avant J.C.
|
Tous les ans une réplique de la dent fait le tour de la ville à dos d’éléphant, provoquant chaque fois un miracle. Le bouddhisme est la religion principale du Sri Lanka avec 69% d’adeptes. Les routes sont ponctuées de temples et de Bouddhas en méditation sous cage de verre, souriants patiemment aux Tuk-Tuk, bus et autres charrettes leur passant sous le nez bruyamment…

Avec un tel climat propice à l’exubérance végétale, le Jardin Botanique de Peradeniya promet d’être fascinant. Un des plus beau du monde paraît-il. Et il tient sa promesse ! Sur 60 hectares se pressent des jardins d’épices, des collections d’Orchidées (dont Gramma To Thyllum Specissum, la plus grande du monde), des bambous géants, des singes hurlants, des Cocos de Mer pesant chacune entre 10 et 20 kg, des palmiers choux, d’énormes chauves-souris survolant le parc… Et le plus déstabilisant : un Ficus Benjamina, le « Ficus de Salon » bien connu chez nous, dont les branches recouvrent ... 1800 m2 ! Quand on vous dit que ça pousse bien ici !
Le rôle d’un jardin botanique est la sauvegarde et la conservation des espèces végétales. Mais un jardin botanique isolé n’a pas grand intérêt ; c’est pourquoi les jardins de part le monde s’échangent des plantes rares, endémiques ou sauvées de justesse.

Les jardins botaniques sont donc des conservatoires du vivant et possèdent chacun des « banques de graines ». La biodiversité végétale à ceci d’important qu’elle contribue à l’équilibre de notre planète, de notre alimentation et de notre santé. Par exemple le manque de variétés cultivées est un vrai risque pour notre alimentation et c’est ce en quoi les OGM sont dangereux. Car en plus d’être des graines infertiles qui rendent les agriculteurs dépendants des grosses firmes privées (comme Monsanto) qui les produisent, les obligeant à racheter leurs graines chaque année, une série d’épidémie sur ces cultures unique pourrait bien nous conduire très vite à la famine…

Notre route à aussi croisée l’Orphelinat d’éléphants de Pinnewala, où vivent une soixantaine d’éléphants abandonnés, blessés ou orphelins. Sur le chemin de leur bain journalier menant à la rivière, se trouve la boutique de Pinnawela qui fabrique du papier écologique en… crotte d’éléphant ! J’en vois déjà qui rigolent !! Vous aurez bientôt l’occasion d’en savoir plus sur cet artisanat Sri Lankais vieux de 500 ans dans le prochain article : Tout est bon dans l’éléphant !
Nous quittons Kandy par la route du thé où un petit train chemine lentement vers les montagnes, entre les plantations de Ceylan…
Les photos :
Gokarna -> Cochin -> Colombo -> Kandy

Echos DD
www.echosdd.org
echos.association@gmail.com |