Echos DD

• Des nurseries pas comme les autres

{ 14:50, 17.03.2008 } { Publié dans JOURNAL DU DD } { 2 commentaires } { Lien }

De rouge, de vert, de bleu, tant de formes complexes et variées abritant une multitude d'animaux multicolores, vivant au grès du courant. Eco-système fragile qui ne tient qu'à un fil, cet univers sous-marin est celui des récifs de coraux. Aujourd'hui blanchis, fracturés et ensevelis sous le sable, les coraux ainsi que leurs habitants disparaissent. Tout tend à dire que ces récifs ne seront bientôt plus qu'images et souvenirs, bien que...





Notre histoire commence sur une plage du Sri Lanka à Unawatuna. Ici, à quelques kilomètres des côtes, vit la plus importante des barrières de corail de L'île : le récif de Rumassala. Très endommagé par El nino en 1998 qui l'a fait blanchir, par le tsunami en 2004 qui lui a laissé de profondes marques, par les pêches intensives à la dynamites ou celles effectués pour agrémenter les aquariums d'eau de mer en occident, ou encore par l'exploitation des littoraux à des fins touristiques, ce récif est aujourd'hui gravement dégradé et en péril. Véritable rempart contre les assauts de la mer, ils minimisent l'érosion des côtes. Grâce à eux, les villageois ne sont pas contraints de se déplacer ou d'essayer de consolider leurs littoraux de manière artificielle et à un coût faramineux. De plus, les coraux servent de fondation pour les atolls du monde entier et leur disparition pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour les populations de ces îlots perdus en plein océan.



L'ONG sri lankaise Natcog : Groupe pour la Conservation de la Nature a bien compris cela. Aujourd'hui elle lutte, avec l'aide de ses membres, pour protéger et faire revivre les barrières de coraux de l'île. Le groupe Natcog, crée en 1998, contribue à la recherche, la prévention et la conservation des ressources naturelles et animales du Sri Lanka. La vie marine, les océans et les écosystèmes côtiers sont une des priorités du groupe. En effet, depuis le terrible blanchiment de coraux en 1998, le groupe à mis en place un programme de protection et de réhabilitation de la barrière de corail de Rumassala près de l'ancien comptoir successivement hollandais, portugais et anglais de Galle. C'est ici, à Rumassala que nous avons rencontré Prasanna Weerakkody, qui agit pour ce programme depuis 15 ans.



Amoureux de la nature, fou de plongée sous-marine, il a décidé de mettre sa passion au service d'une noble cause, la protection du récif. Pour lui, il est grand temps d'agir. « Vous n'avez rien vu ! », répond-t-il lorsque nous lui disons que le récif est magnifique. « Il y a quelques années il était extraordinaire, et aujourd'hui nous faisons tout pour lui rendre ses vraies couleurs ». En 1998, il a mis en place le RRRP, Programme de Restauration du Récif de Rumassala. Le programme tente de minimiser les impacts humains sur les récifs, développe des techniques de restauration afin d'augmenter la survie des coraux disponibles, d'accélérer la restauration des récifs et expérimente des méthodes de propagation de coraux en mettant en place des nurseries de corail.




Echos DD
www.echosdd.org
echos.association@gmail.com



C'est ce dernier point qui n'a pas reçu les faveurs des scientifiques lorsque Prasanna leur a annoncé qu'il pouvait replanter du corail. Et c'est pourtant chose faite ! Prasanna Weerakkody et son équipe s'occupe aujourd'hui de récupérer des fragments de coraux à demi mort pour les faire repousser. Ils conditionnent ces morceaux dans des nurseries puis dès leur maturité ils les replantent sur les anciens récifs dégradés en les arrimant avec du béton. « Durant toutes nos recherches, il s'est avéré que la méthode du béton à prise rapide était la meilleure. Le corail replanté grandit autour et ne laisse aucunes traces apparentes de ses fondations artificielles ».



Hormis le fait de préserver les littoraux contre l'érosion, Prasanna Weerakody pense que des récifs prolifiques attireront d'avantages de touristes, leur donnant le goût de voir la faune marine dans son milieu naturel et non en aquariums. Pour lui c'est simple, si les touristes reviennent, l'activité touristique des côtes augmente, les pêcheurs de coraux et de poissons pour aquarium trouvent un autre emploi et par la même cessent de détruire l'écosystème sous-marin. En espérant, bien sûr, que cela soit fait de manière responsable. Vu la prolifération des hôtels et des restaurants construits directement sur le sable que nous avons pu constater à Unawatuna, nous n'appuyons pas tout à fait son point de vue... Mais après tout Prasanna est, en ce moment même, à l'œuvre pour préserver notre planète.

Il est aussi l'auteur d'un guide « Reef Help guide » pour sensibiliser à la restauration des récifs de coraux. Il y explique les causes et les conséquences de la disparition des récifs. De plus, il donne des informations sur sa méthode de restauration d'après ses propres expérimentations. De quoi donner des idées à d'autres défenseurs à travers le monde...



Tel Nicolas Hulot, nous avons voulu nous faire une idée de l'étendue des dégâts par nous même. Nous avons rencontré, Rohanna Kithsiri, gérant de l'école de plongée Sea Horse basée à Unawatuna. Avec lui nous avons plongé sur la barrière. Il nous a montré des coraux vivants et d'autre morts, monceaux de débris blanchis sur le sable. Passionné de plongée, celui-ci s'efforce de montrer à ses clients une manière respectueuse de pratiquer ce sport. Il fait donc attention à ne pas jeter l'ancre de son bateau sur les coraux, Il sensibilise ses clients à ne pas ramasser des coquillages ou des brins de coraux et à ne pas poser ses palmes n'importe où. « Un plongeur était remonté un jour avec un gros coquillage vivant, c'est un souvenir pour mon amie m'a-t-il dit. Nous l'avons tout simplement remis à la mer, où était sa place ». Pour lui il est dur aujourd'hui de voir ce récif sur lequel il a grandit pillé par la pêche et détruit par le climat. « Sans les coraux autour du Sri Lanka, l'île va tendre à rétrécir jusqu'à ne devenir qu'un petit bout de terre au milieu de l'océan. »


Pour aller plus loin :
NATCOG - Nature Conservation Group
www.natcog.org


Les photos :
Le recif d'Unawatuna



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Super!

{ 18:00, 17.03.2008 } { Publié par Moe }
Exploration des fonds marins en "live", magnifique! Belle entreprise que celle de sauver les coraux, à notre échelle nous pouvons commencer par respecter la nature, c'est à la portée de chacun et il faut éduquer les enfants dans ce sens!
Continuez à nous faire partager ces expériences en espérant que vos lecteurs les divulguent autour d'eux!


Une bonne douche

{ 18:24, 17.03.2008 } { Publié par Old Nick }
Au moins, maintenant, on est sûr que vous vous serez lavés au moins une fois au cours de votre périple !

Oulalahitou les Coraux !

(au fait, message interne au fan club : c'est vous Moe, Annie ?)

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