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Après un mois passé sur l'accueillante Sri Lanka, revenir en Inde avec son lot de foules compactes, de rues nauséabondes et de harcèlements commerciaux ne nous enchantaient guère. Et si nous n'avions pas à récupérer nos deux vélos à Delhi, il y a fort à parier que nous serions partis vers d'autres horizons. Mais nous aurions eu tort car l'Inde nous a réservé quelques belles surprises...
Cochin -> Allappuzha -> Thiruvananthapuram

Il fait nuit lorsque nous arrivons à Cochin. La chaleur et la moiteur de l’air accentuent encore les odeurs qui envahissent les rues. Nous passons la soirée à tracer notre prochain itinéraire indien, en nous concentrant essentiellement sur les initiatives que nous voulons rencontrer, sans faire de détours. Tout d’abord Allepey (Allappuzha) le centre névralgique des Backwaters, 900 km de canaux d’eau douce que le gouvernement du Kerala tente de sauver avec la mise en place d’un certificat « Green Palm » (Palme Verte) pour les bateaux se conformant aux normes environnementales mais aussi sociales dictées par cette charte.

Dès que le bus s’arrête, il fait une chaleur épouvantable, pas d’air malgré la mer toute proche, 35° au bas mot. Allepey anciennement connue pour son commerce d’épices et de cachous, vit aujourd’hui essentiellement du tourisme, les backwaters attirants chaque année toujours un peu plus de monde. Le lendemain nous commençons immédiatement nos investigations au département du tourisme qui à la charge du projet « Green Palm ». Après de nombreux allers-retours entre les différents bureaux, le débarcadère des bateaux et une interview manquée avec un faux détenteur du certificat, nous rencontrons finalement Dinesh Kumar de la société Muthoot River Escapes, les seuls pour le moment à avoir rempli toutes les conditions pour obtenir le fameux label pour leurs bateaux (cf. l’article : Green Palm, un certificat de bonne conduite écologique ET sociale ! )

Pour parcourir les canaux nous avons opté pour une solution plus spartiate et plus sportive que les bateaux à moteurs : les canoë en bois encore utilisés par les habitants pour se déplacer entre les villages des rives des backwaters. Dinesh, lui-même issu d’un de ces villages, nous indiquera quelqu’un de sa connaissance pour nous servir de guide. Tôt le lendemain matin nous prenons un bus/ferry pour le retrouver. Nous avons pu goûter au plaisir de glisser silencieusement sur l’eau au milieu des jacinthes d’eau et de petits villages où, au bord de des canaux, les femmes lessivent, les hommes pêchent et les enfants se baignent. Après une heure de rame, nous continuons à pied sur les berges sillonnées de sentiers. Christophe en profitera pour goûter dans un bar local un grand verre de liqueur de cocotier, le Kalle, au goût fortement fermenté…

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Après un dernier et solide petit-déjeuner de Parotta et de curry de pois-chiche, nous poussons plus au sud jusqu'à Thiruvananthapuram, dans le but d’en savoir plus sur une WebRadio communautaire de pêcheur : Radio Alakal . La ville dans laquelle nous débarquons et si invivable que nous repartons aussi sec vers Pondichéry de l’autre côté de l’Inde, sur le Golf du Bengale. Cette fois-ci nous voulons y rencontrer les femmes à l’origine du projet « Diamant Vert » qui ont la charge de trier et de recycler les déchets de la ville.

Madurai -> Pondichery
En route nous ne résistons pas à faire une halte à Madurai, un des principaux lieux de pèlerinage hindou du sud du pays. Et en effet, émergent d’un agglomérat hétéroclite de pancartes publicitaires et d’immeubles à la construction anarchique, se dresse le spectaculaire temple de Sri Meenakshi, vieux de 500 ans. Ses quatre portes (gopurams) de 50m de haut sont entièrement sculptées de figures animales et célestes. Ce complexe de 6 hectares est dédié à de nombreux dieux mais c’est surtout le temple doré de Shiva en son centre qui a la préférence des pèlerins venus de toute l’Inde. Nous avons la chance de pouvoir y entrer, les temples indous étant la plupart du temps fermés au public et celui-ci est plutôt exceptionnel !

Des corridors et couloirs de plus en plus étroits s’enroulent autour de son cœur religieux. Un éléphant en fait le tour, bénit de petits enfants effrayés aux crânes rasés. Sur les colonnes massives, les bas-reliefs des dieux les plus prisés sont habillés et recouverts de pigments colorés que les adeptes récupèrent d’un doigt pour se les appliquer au milieu du front, ça et là des joueurs de flûte et de tablas, des pèlerins en prières psalmodient ; assise par terre une femme enduit préalablement le sol en pierre d’huile coco afin d’y fixer la fine poudre qui lui sert à tracer, d’un geste rapide et sûr, un mandala aux feuilles de lotus.

Partout de l’encens, des lampes à huile en terre, des familles et des jeunes mariés. Les femmes accrochent à leurs cheveux des guirlandes de fleurs de jasmin ; chacun de leur passage est un enchantement pour les sens. Nous retournons à la rue et à son vacarme, mais après ce nous venons de vivre nous n’y faisons plus attention...
Demain ce sera Pondichéry, son quartier français et ses croissants… Massala !
Les photos :
Allappuzha -> Madurai -> Pondichery
En savoir plus :
Sur Radio ALAKA
Sur Muthoot River Escapes
Sur Diamant Vert
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