Perchés sur notre moto, nous savourons la sensation nouvelle de « filer » à 50km/h sur le bitume. Nous entamons la première montagne, ses lacets n’en finissent plus. Derrière elle s’ouvre la vallée de Paï, faite de rizières tendres, occupée par d’anciens hippies et artistes Thaïlandais...
Chiang Mai -> Paï

La route de Pai longe de petits parcs nationaux qui recèlent chacun un trésor : chutes d’eau vertigineuses dans leur écrin scintillant de verdure, grottes de chauve-souris en bout d’une chaîne de sentiers écartés, geysers jaillissant à 100°C de cristaux de souffre et sources chaudes aux vertus bienfaisantes. Au pied d’une cascade, nous sommes accueillis avec une émotion excessive par deux couples d’une cinquantaine d’années, venus pique-niquer de whisky les pieds dans l’eau. S’en suit l’inévitable séance photo, mouvementée et chancelante, après laquelle nous partons sur la pointe des pieds, surpris de tant de démonstrations au vu du caractère habituellement si discret des Thaïlandais…

A notre arrivée, le crépuscule tombe sur Paï. Le long des rues réservées aux piétons et aux deux roues, d’étroites maisons de bois sont transformées en galeries ou en cafés. Il en sort un mélange d’electro douce et de classique des seventies. De jeunes musiciens et plasticiens sortis des écoles d’arts de Chiang Mai et de Bangkok sont venus s’installer ici, suivant la vague hippie et écolo arrivée dans les années 60. Etant tous les deux graphistes, pendant une semaine, nous nous immergeons avec délices dans ce qui nous a manqué le plus depuis notre départ, les œuvres d’arts décalées et les graphismes acidulés.

Paï -> Soppong
Entre temps, nous partirons pour Soppong au refuge de John Spies, situé à la porte de la grotte de Tam Lod, l’une des plus grandes du monde. Sur les murs de la maison en Tek qu’il a construit de ses propres mains au début des années 80, John a affiché des cartes et des instructions afin d’aider ses visiteurs à réaliser des treks indépendants, respectueux des hommes et de l’environnement.
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Après avoir étudié consciencieusement la carte de la fameuse grotte et munis de nos lampes frontales, nous partons en exploration. L’entrée de la grotte se fait sentir bien avant que l’on ne l’aperçoive. Les milliers de chauve-souris qui y vivent en ont tapissé le sol de guano (fientes), d’où s’émane une odeur acide et acre. La rivière Lang plonge dans le gouffre sombre pour en ressortir quelque 9km plus loin. Il nous faudra longtemps avant de nous habituer à l’obscurité.
Les cavités annexes formées par des stalactites et des stalagmites impressionnantes, renferment des peintures rupestres et des cercueils en tek de 3000 ans. Y vivent des animaux aveugles ou sans yeux d’avoir été depuis tant de générations dans le noir. A mi parcours nous rencontrons quelques barque sans bateliers, impossible d’aller plus loin sans eux. Heureusement, un groupe apparaît précédé de leur guide local. Sa lanterne, allonge les ombres et illumine soudain une voûte de 30m de haut ! Un batelier accepte de nous faire traverser la grotte. A l’autre bout ce sont des colonies d’hirondelles qui rentrent et sortent dans un ballet incessant. Les oisillons tombés du nid jonchent le sol, ils seront la proie des serpents qui vivent ici.
Le lendemain nous pousserons à pieds, jusqu’au village des Lahus rouges de Huoy Haeng à 14km de Tam Lod. Leur instituteur rencontré sur la route, nous invite à passer chez lui. Comme dans beaucoup de communauté traditionnelle, l’instance dirigeante du village est composée du policier, de l’instituteur, du chaman (religieux et guérisseur), du plus vieil homme et de la plus vieille femme du village. Il nous expliquera pèle-mêle l’histoire du trafic d’opium dans la région (nous sommes proche du triangle d’or) et sa surprise quand il a reçu du gouvernement, un ensemble parabole et modèle internet alors que le village n’a pas d’électricité et qu’il s’éclaire lui-même avec des batteries de voitures…
De retour à Chiang Mai, nous préparons notre départ pour le Laos. Cela nous a tellement plus de pouvoir communiquer entre nous en cours de route, tout en gardant notre autonomie, que nous décidons de louer une moto pour sillonner ce pays pendant un mois. A ce propos la société « Jules Classic Rental » à Ventiane sponsorise une partie de cette dépense imprévue. Merci !
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