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• Patience et longueur de temps…

{ 06:47, 18.07.2008 } { Publié dans CARNET DE ROUTE } { 5 commentaires } { Lien }
Pour rejoindre Vientiane la capitale du Laos, nous devrons prendre un bus de nuit jusqu'à Udon Thani avec deux moines sur les genoux, en arrivant le matin, un autre bus pour Nong khai à la frontière thaïlandaise, grimper dans un tuk-tuk jusqu’au poste de douane à l’entrée du pont qui enjambe le Mékong, re-bus pour traverser le fleuve, faire la queue à la frontière de la République Démocratique Populaire Lao, attendre, dénicher un bus local caché loin derrière les mini-vans hors de prix des agences pour enfin arriver à Vientiane. M’enfin ! C’est tout de même compliqué de traverser une frontière sans vélo !!!

Vientiane


Paisible bourgade. C’est le terme qui convient le mieux à la capitale du Laos. Vientiane s’allonge tranquillement au bord du Mékong dont les rives envahies de roseaux, abritent quelques terrains de pétanque ("petang" en laotien) que traverse en courrant poules et poussins. Le centre ville, petit, a quelques jolies boutiques et un quartier français. Sur la grande place on joue au ballon, on discute. A 23h30, c’est le couvre feu. Les derniers bars ferment, les lumières s’éteignent, chacun rentre chez soi. Pour la plus grande ville du pays, ça brosse un peu l’ambiance…



C’est donc d’un pas nonchalant (faut bien prendre le rythme) que nous allons à la rencontre de Thierry, le créateur de « Jules’s Classic Rental » passionné de moto, qui restaure avec son équipe les deux-roues de caractere qui lui tombe sous la main. Il nous présente notre futur véhicule et nous dispense 2-3 explications devant une délicieuse tasse de café Lao (haaa ce café… Tellement rouge qu’il en est presque noir). Un essayage de casques et c’est parti ! Mais pas de frayeur à avoir, car cela va de soi, au Laos on ne conduit pas vite et après quelques km les routes sont quasiment désertes.

Vientiane -> Vang Vien



Au-delà, les villages garnis de maisons sur pilotis, en bois ou en bambous, s’égrènent le long de la route. Pas l’ombre d’un bout de ciment, ni d’un mur de briques. La journée c’est sous les maisons que l’on vit : tresser un piège à poisson, alimenter le feu sous la marmite noire de suie où mijote toujours quelque bouillon, bercer le bébé dans son panier d’un pied en discutant entre voisins. Volailles, cochons noirs et buffles d’eau s’y abritent de la chaleur ou de la pluie. En fin de journée nous voyons les femmes en sarong et les hommes en slip, prendre leur bain en public autour d’un puit commun ou d’une rivière.




L’arrivée à Vang Vien se fait sous la pluie. Cette ville un peu laide est nichée au cœur d’une somptueuse formation karstique, traversée par les multiples bras de la Nam Song (nam = rivière). Un de ces paysages qui font rêver dans les films sur l’Asie. Grottes inexplorées abritant des esprits, falaises calcaires vertigineuses pour l’escalade, Rafting et kayak ; c’est le paradis des sports en pleine nature. Mais pas seulement…


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Le soir de notre arrivée, nous entendons des appels à l’aide provenant de la rivière en contrebas. Dans la nuit nous distinguons plusieurs personnes accrochées aux montants en bois du pont qui mène à l’île d’en face. Garçons et filles paniques et hurlent. Nous les aidons à remonter d’abord leurs bouées (des chambres à air de tracteur). Tous sont dans un état plutôt lamentable et ne marche plus très droit. Certains pleurent, d’autre ont l’impression d’avoir accompli un exploit. Le « tubing » est le plus grand succès de Vang Vien. L’idée est de descendre la Nam Song, que nous avons par la suite nommée « rivière de la soif » sur une bouée.
Le parcours est jalonné de bars où les verres de whisky sont gratuits et où les joints d’opium sont inscrits au menu. Autant vous dire que la descente d’une heure finie généralement par en prendre 8 et que la scène à laquelle nous avons assisté se reproduira tous les soirs. Des gamins boitant et saignant, ramenant leur bouée à travers les rues, tellement allumés qu’ils se tripotent et s’embrassent en maillot de bain sur les trottoirs. Dans un pays où se tenir la main est déjà osé, imaginez ce que peuvent en penser les Laotiens…
En ville c’est à peu près la même chose : Des rangés de bars-télé diffusant la série télé « Friends » en boucle (?), proposent des menus « happy » : joints de marihuana, milk-shakes hallucinogènes aux champignons et pizzas au Yaba (Méthamphétamine). Vang Vien est aujourd’hui devenu la ville la plus dangereuse du pays pour les voyageurs où les overdoses et noyades ne sont jamais bien loin…

Vang Vien -> Luang Prabang



A 4 km de là sur la route de Luang Prabang, nous rencontrons M. Té, fondateur de la ferme biologique Mulberries dans le village de Phoudindaeng. Il propose aux villageois des alternatives à la production d’opium (en théorie interdite), à la pratique destructive de l’agriculture sur brûlis responsable de l’érosion des sols et de la déforestation. Il est justement occupé à diriger un groupe de volontaires coréens venus construire une maison en torchis : « Revenez plutôt passer quelques jours à la ferme. Au moins on aura le temps de se parler… On ne peut pas tout se dire en 5 minutes… ». Bon. Bon. On reviendra et on prendra le temps…



La pluie ne nous laisse pas de répit. Entre crachin et averse Chris, le seul de nous deux à posséder un casque avec une visière, doit conduire la majorité du temps. Du paysage sauvage autour de nous, nous ne voyons pas grand chose entre les goûtes, occupés à éviter les animaux et les trous dans la chaussée.

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galère!

{ 23:23, 18.07.2008 } { Publié par Moe }
Quelle galère pour rentrer au laos, mais vous avez l'air de voir encore pas mal de choses fantastiques, ça vallait la peine!! En tout cas moto ou vélo sous la pluie, bof, ce n'est pas le top!!!!
Bisous

Pétard

{ 13:29, 21.07.2008 } { Publié par Ener }
Bonjour,
j'espère qu'au moins vous vous êtes allumé un pétard en douce!
Plaisenterie......mais quelle aventure vous vivez!
Cordialement
Ener

Ah ah !

{ 20:35, 22.07.2008 } { Publié par Nick the Bick }
Ca faisait un petit bail que je n'avais pas jeté un oeil sur ces pages. Pourquoi ? Aucune idée. Bien sûr, tous les jours, je pense à vous deux, mais là, je suis tout de même ben aise d'avoir quelques photos à me mettre sous la dent, si je puis me permettre !

Oulalahitououououououououou !!!!!!!!!!!!

Les Hips

{ 20:43, 22.07.2008 } { Publié par Nick the Bick }
La description des mecs qui se défoncent à bouée me laisse pantois. Ca doit être vraiment étrange à voir ! Très bizarre... Mais comme dit Ener, un petit pétard au passage ne ferait pas de mal (du reste, vieux bick, y a une photo où tu m'as tout l'air d'être un peu hip !!!)

Re Oulalahitoutoutoutoutouououououuououou

elod soeur

{ 00:52, 23.07.2008 } { Publié par Anonymous }
alala vous vous gavez bien je vois.
j'adore le concept des tuffers en bouée :)
c'est trop fou ce que vous faites, enjoy enjoy les amis
pleins de bisous

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